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Estce l'artiste qui le décide. Là , il reprend une oeuvre magistrale à sa façon. Il prend une simple carte postale qui représente la Joconde, il lui griffonne une moustache comme on griffone les magazines (il est irrespectueux) et il met une inscription en bas "L.H.O.O.Q" (comme "look" en anglais: "regardez") qui dissimule en fait une phrase vulgaire qu'il faut épeler pour la
En1917, Marcel Duchamp expose un urinoir inversé qu’il intitule « Fontaine », une œuvre qui marquera la naissance de l’art contemporain. Et pour cause, c’était la première fois qu’un objet de la vie quotidienne était présenté comme une œuvre d’art. Lors d’une exposition à New York en 1917, il présente son simple urinoir qu'il appelle "The Fountain" et signe du
Ya-t-il des artistes contemporains qui peuvent rivaliser avec ceux des années 70 et 80 ? Quel style musical aurait fait un scandale dans les années 60 ? Qu'est-ce qu'aurait dit Daniel Balavoine de l'époque actuelle ? Quelle est la plus belle chanson qui vous a fait pleurer ? Que pensez-vous de la relation entre Læticia Hallyday et Jalil Lespert ? Marko Savic. Années
Ondoit l'urinoir, première œuvre conceptuelle, à Elsa von Freytag-Loringhoven. Marcel Duchamp l'a promptement effacée de l'histoire et n'a pas été le seul à usurper son talent.
Celafait déjà plus d’un siècle que Marcel Duchamp a bousculé les codes et les usages de l’art avec son urinoir, et les générations successives d’artistes « contemporains » continuent de recycler le coup d’éclat, avec la
Site De Rencontre Et Mariage Au Maroc. CULTURE - Le matin j'écoute France Culture. C'est intelligent, il n'y a pas de pub, on apprend des choses sur le monde. Récemment, Enki Bilal était l'invité de l'émission matinale. Sa superbe expo au Louvre réjouissait tout le monde. Quand soudain, au détour de la fin de l'émission, LA diatribe anti art contemporain. Comme une bouffée de haine trop longtemps contenue, un retour du refoulé et bim dans ta face! CULTURE - Le matin j'écoute France Culture. C'est intelligent, il n'y a pas de pub, on apprend des choses sur le monde. Récemment, Enki Bilal était l'invité de l'émission matinale. Sa superbe expo au Louvre réjouissait tout le monde. Tout cela ronronnait parfaitement dans ma salle de bain. La BD avait enfin son heure de gloire, la question ne se posait même plus Enki Bilal au Louvre on a dit, mais tout le monde était content d'y répondre. Quand soudain, au détour de la fin de l'émission, LA diatribe anti art contemporain. Comme une bouffée de haine trop longtemps contenue, un retour du refoulé et bim dans ta face! Et là ...tout y est passé. L'opposition de l'artiste qui "sait" dessiner, de l'artiste figuratif, versus ceux qui exposent des "balais de chiottes". Le snobisme des prétendues élites, le marché de l'art, les fausses valeurs... Whaou... Bon. Ok. En même temps, c'est bien. Ça réveille. Ça permet de se dire que "ouf, tout n'est pas gagné". Que non, ce n'est pas parce que Yayoi Kusama fait des sacs pour Louis Vuitton que tout le monde aime l'art contemporain. Ca donne envie d'essayer de faire le point. Yayoi Kusama.. le point ... ohhh allez... Yayoi Kusama Art contemporain donc. Deux choses. L'art d'abord. Ne riez pas, c'est compliqué de savoir ce que c'est. Personnellement, je suis assez d'accord avec l'idée que l'art est un élément qui permet à un ensemble de gens d'accrocher sa pensée sur le monde et ses évolutions. De se tricoter un rapport avec ce qui est en train d'advenir, entre réel et invisible. Une oeuvre d'art est un objet sensible peinture, sculpture, musique, installation, vidéo... qui fait bouger votre pensée et évoluer votre regard sur le monde. A ne pas confondre avec la question de la "beauté" que l'on voudrait "universelle et sans concept" avec Kant. Un autre sujet. Contemporain ensuite. Et là , ça se complique encore, bien entendu. Parce que contemporain, ça veut dire ce qui se passe en ce moment, ce qui est actuel, nouveau. Et ce sur quoi nous n'avons donc "pas de recul". Le monde étant nouveau, nous avons besoin de formes inédites pour en exprimer l'essence. On peut toujours essayer de parler d'Internet en latin, mais bon, c'est plus efficace avec les mots nouveaux qui en désignent les spécificités. Rafael Rozendaal - The creators' project - Le nouveau vocabulaire de l'art numérique Donc avec l'art contemporain, il est question de la lecture sensible, selon des modes inédits, d'un monde en plein mouvement sur lequel nous n'avons aucun recul. On peut aussi essayer de faire ça en levant une jambe, si on trouve cela trop facile. Alors, de quoi l'art contemporain est-il le "non"? Et bien en tout cas, on peut constater que ça a toujours énervé les gens... Surtout depuis qu'en 1913 Marcel Duchamp a exposé une roue de bicyclette puis un urinoir et un porte bouteille dans des musées Centenaire cette année. Célébrations en vue. Mais, avant également... Caravage le summum de la vulgarité pour la moitié de ses contemporains, une star pour les autres. Ah la saleté des pieds de Saint Matthieu, scandale! Pire que Koons et les frères Chapman réunis. Michel-Ange a choqué toute la chrétienté sauf Jules II, son commanditaire avec ses fresques frasques dans la chapelle Sixtine. Et dès qu'il est mort, vite, vite, on a demandé à un de ses élèves de rhabiller un peu toutes ces indécences. N'empêche, l'objet du délit était intéressant... Adam et Eve - Michel Ange - chapelle Sixtine - Michel Ange évoque les divers plaisirs du Paradis au dessus de la tête de la papauté. Titien, Véronèse, destruction des oeuvres évitée de justesse! Goya menacé par le retour de la Sainte Inquisition! Millet, Manet, Courbet, Géricault... cloués au pilori! Et bien sûr les Impressionnistes ainsi baptisés par un critique contemporain qui souhaitait humilier Monnet et son "impression Soleil Levant". Art et contemporanéité, c'est compliqué... Parce que c'est la question des avants-gardes. Et si aujourd'hui nous nous pâmons devant un Caravage ou un Léonard de Vinci, c'est d'abord que notre oeil a été élevé dans une esthétique digérée par les siècles. Qu'ensuite nous ne savons plus lire leur subversion. Et qu'enfin notre position a posteriori, nous permet de lire leur monde bien plus facilement que si nous en avions été les contemporains. Alors oui, la question des avants-gardes artistiques est d'autant plus compliquée en ce moment que le marché s'emballe. On a vu le prix de certaines oeuvres multiplié par 1000 en trois ou quatre ans. On parle de la cote d'un artiste comme de celle d'un cheval, les publicitaires Saatchi, vendeurs d'immobilier Gagosian, ex traders Koons, grands patrons français Pinault aristos british Jay Jopling, tycoon russes Daria Zhukova ou chinoises Pearl Lam se sont emparés du sujet et le troublent encore d'avantage. Mais justement, dans ce monde ultra matérialiste, marqué par l'obsolescence programmée, le consumérisme à tout crin, l'impermanence, la destruction de la nature, pourquoi n'aurais-je justement pas le droit d'être émue par le frémissement ténu d'un papillon sur la dernière feuille d'un rouleau de papier hygiénique qui flotte au vent? De quel droit voudriez-vous, cher Brice Couturier, m'empêcher de ressentir autant, si ce n'est plus, d'émotion devant cette chose minuscule, fragile et dérisoire -totalement conceptuelle- que devant une planche d'Enki Bilal?
Ainsi qu'en tĂ©moigne le film palme d'or de Cannes, l'expression art contemporain» suscite gĂ©nĂ©ralement des rĂ©flexions nĂ©gatives on vous parle de Piss Christ, un crucifix immergĂ© dans l'urine et le sang Andres Serrano, 1987, de Cloaca, la machine Ă caca Wil Delvoye, 2000, du doigt d'honneur en marbre de 11 mètres de haut intitulĂ© Maurizio Cattelan, 2010 ou encore des photos pornos» de Jeff Koons et sa femme la Cicciolina 2008. L'Ă©numĂ©ration s'accompagne parfois d'une rĂ©flexion ironique sur cette manie des artistes Ă vouloir concurrencer Duchamp, mais en vain lorsque, en 1917, Marcel Duchamp achète un urinoir pour en faire un oeuvre d'art, qu'il signe au pinceau du nom de R. Mutt» et qu'il nomme Fontaine, il place d'emblĂ©e la barre très haut… Le chiotte chef d'oeuvre de l'art est un oxymoron», explique Alain Boton. Autrement dit quelque chose d'aussi absurde qu'une obscure clarté». Auteur de Marcel Duchamp par lui-mĂŞme ou presque, Alain Boton signe dans le dernier numĂ©ro de la Revue du Mauss Religion, le retour ?, un article Ă©clairant sur ce qu'est l'art contemporain au regard des religions. IntitulĂ© L'Eros mimĂ©tique mis Ă nu par ses cĂ©libataires mĂŞmes, cet article prĂ©sente la grande vertu de n'ĂŞtre ni pour ni contre l'art contemporain, mais au-dessus de la mĂŞlĂ©e, Ă une hauteur telle qu'on se sent brusquement beaucoup plus intelligent. Ca fait du l’urinoir de Duchamp symbolise-t-il l’art contemporain ? Partant du principe que ce qu'il appelle l'art moderne-contemporain commence vers 1850, Alain Boton entame ainsi son raisonnement Il est un motif qui façonne directement ou indirectement une grande partie des objets culturels que les modernes ont créé depuis 1850 Ă nos jours. C'est le motif refusĂ© par les uns donc rĂ©habilitĂ© par les autres. Il est le moteur de l'art dit d'avant-garde.» Pour Alain Boton, il est significatif que les oeuvres d'art, Ă partir du XIXe siècle, soient d'autant plus cĂ©lèbres qu'elles ont Ă©tĂ© conspuĂ©es au dĂ©but. Leur destin, d'une certaine manière, se rapproche de celui des martyrs sacrifiĂ©s par les uns, sacralisĂ©s par les autres. Ce mĂ©canisme s'enclenche au XIXe siècle. Mais le premier artiste Ă en prendre conscience c'est Duchamp. Aux prĂ©misses de sa dĂ©couverte, il y a un scandale. En 1912, Marcel Duchamp se fait refuser un tableau au Salon des indĂ©pendants. L'annĂ©e suivante, ce mĂŞme tableau est exposĂ© Ă New York lors de l'Armory Show, un Ă©vĂ©nement mythique puisqu'il se donne pour but de faire connaĂ®tre les avant-gardes europĂ©ennes aux Etats-unis. L'exposition va de Corot Ă Picabia, en passant par Courbet, Gauguin, Munch ou Picasso, soit plus de mille oeuvres hautement sĂ©ditieuses, parmi lesquelles celle de Duchamp suscite les rĂ©actions de rejet les plus stupeur et horripilementPhilippe Dagen raconte L'ex-prĂ©sident Theodore Roosevelt dĂ©clare sa dĂ©sapprobation. La presse dĂ©nonce une opĂ©ration au mieux immorale, au pire anarchiste - accusation sĂ©rieuse dans le contexte de l'Ă©poque. Ces articles font venir Ă l'Armory Show près de 300 000 visiteurs, dans une ambiance Ă©nervĂ©e. Parmi les Ĺ“uvres qui cristallisent la colère, la palme revient au Nu descendant l'escalier n° 2, de Marcel Duchamp, qui avait Ă©tĂ© dĂ©jĂ Ă©cartĂ© du Salon des indĂ©pendants de Paris l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Pour le dĂ©crire, on parle d'une explosion dans une fabrique de tuiles» et les caricaturistes ne sont pas en reste.» Le scandale, cependant, fait la gloire de Duchamp Ă sa très grande surprise, le voilĂ invitĂ© Ă des cocktails mondains, prĂ©textes pour l'Ă©lite new-yorkaise de se dĂ©marquer de la foule outragĂ©e des culs-terreux. Duchamp, alors, dĂ©couvre ou croit dĂ©couvrir dans l'art moderne tel qu'il s'est dĂ©veloppĂ© depuis le milieu du XIXe siècle une constante. Une constante qui lui semble si dĂ©terminante qu'il le nommera la loi de la pesanteur.» Cette loi peut ĂŞtre rĂ©sumĂ©e ainsi Pour qu'un objet créé par un artiste devienne un chef-d'Ĺ“uvre de l'art, il faut qu'il soit d'abord refusĂ© par une majoritĂ© scandalisĂ©e de telle sorte qu'une minoritĂ© agissante puisse trouver un gain en termes d'amour-propre Ă rĂ©habiliter l'artiste et son Ĺ“uvre et ainsi se diffĂ©rencier des autres»».[ ]Quoi de plus contradictoire avec la notion de chef d’oeuvre qu’un… ? Pour vĂ©rifier la justesse de cette loi, Marcel Duchamp dĂ©cide de la mettre Ă l'Ă©preuve du rĂ©el. Le principe est le suivant n'importe quel objet peut devenir un chef d'oeuvre de l'art» s'il commence sa carrière par un refus ostensible. Marcel Duchamp choisit donc un objet totalement inadĂ©quat pour devenir un chef d'oeuvre de l'art. Un urinoir», explique Alain Boton. Après quoi, Marcel Duchamp attend l'occasion de prĂ©senter cet urinoir dans les bonnes conditions, c'est-Ă -dire de telle sorte que son urinoir soit refusĂ©. L'occasion se prĂ©sentera en 1917 Ă New York lors d'une grande exposition appelĂ© The Big Show.» Son urinoir, comme il s'y attendait, est refusĂ©. La presse fait Ă©cho Ă l'affaire. S'agit-il d'un canular ? D'une mauvaise plaisanterie ? Ou d'une rĂ©volution de l'art ? Plusieurs dĂ©cennies passent. L'urinoir qui, entre-temps a disparu et dont Duchamp fournit plusieurs rĂ©pliques certifiĂ©es» devient l'oeuvre la plus controversĂ©e de l'art du XX siècle» Wikipedia. Lors de son inauguration sous les huĂ©es, en fĂ©vrier 1977, le centre Pompidou prĂ©sente une grande rĂ©trospective Marcel Duchamp dont l'urinoir occupe la part centrale. L'art moderne et contemporain devient alors le champ par excellence de la guerre du bon goĂ»t. Chacun y va de son argument. Duchamp triomphe. Il avait donc raison !?L’expĂ©rience n’est concluante que si les intentions sont cachĂ©es aux cobayesPour Alain Boton, il est vital de comprendre que Duchamp n'est pas un artiste mais un chercheur en sciences humaines. Ses crĂ©ations» ne sont pas des oeuvres, mais des expĂ©riences. Avec l'urinoir, Duchamp veut vĂ©rifier une thĂ©orie sur le fonctionnement de la sociĂ©tĂ© occidentale contemporaine. Pour bien montrer que c'est dans une vĂ©ritable expĂ©rience qu'il se lance et pas dans une provocation, il va se tenir au plus près de la mĂ©thode de la science expĂ©rimentale qui commence toujours par la mise au point d'un protocole 1, le problème Ă©tant pour lui de garder ce protocole secret. En effet s'il venait Ă ĂŞtre connu, les comportements des milliers d'intervenants seraient dĂ©finitivement biaisĂ©s et l'expĂ©rience annuÂlĂ©e. Pour autant, il faut qu'en fin de parcours ce protocole apparaisse de telle sorte qu'on prenne acte de cette expĂ©rience et de son rĂ©sulÂtat.» Son protocole doit rester secret pour ne pas fausser l'expĂ©rience. En mĂŞme temps, il doit ĂŞtre lisible Ă la fin de l'expĂ©rience, c'est-Ă -dire une fois l'urinoir devenu chef d'oeuvre de l'art. Pour concilier ces deux paramètres – cacher Ă ses contemporains et dĂ©voiler la dĂ©couverte aux gĂ©nĂ©rations futures–il crĂ©era La MariĂ©e mise Ă nu par ses cĂ©libataires, mĂŞme, qu'on nomme aussi Le Grand Verre. Ce tableau, associĂ© aux notes qui le dĂ©crivent, plus d'une centaine de pages, est le schĂ©mas fonctionnel du monde de l'art il dĂ©crit par quels mĂ©canismes psychologiques et sociologiques une pissotière accède Ă la postĂ©ritĂ©.»Marcel Duchamp aurait codé» son protocole dans Le Grand VerreFier d'ĂŞtre celui qui, le premier, a dĂ©couvert le pot aux roses, Alain Boton affirme qu'il a totalement dĂ©cryptĂ© La mariĂ©e mise Ă nu. La mariĂ©e, c'est notre sociĂ©tĂ©, dit-il, dont le moteur est le dĂ©sir d'ĂŞtre unique. Dans notre sociĂ©tĂ©, dominĂ©e par l'impĂ©ratif d'originalitĂ© et d'innovation, les individus sont tenus de se dĂ©marquer et pour cela tous les moyens sont bons afficher une sexualitĂ© diffĂ©rente», par exemple. Se distinguer par les vĂŞtements. Ou prĂ©tendre qu'on aime ce que les autres trouvent vulgaire. Ainsi si aujourd'hui encore il est courant de penser que le dĂ©sir d'innovation des artistes est la cause motrice de l'Ă©volution de l'art moderne, et si les scandales sont considĂ©rĂ©s comme des consĂ©Âquences inĂ©vitables dues au conformisme de la masse, Duchamp par son expĂ©rience montre que c'est l'inverse le refus scandalisĂ© par les uns qui conditionne la rĂ©habilitation par les autres est la cause de cette Ă©volution et l'innovation la consĂ©quence.» Pour le dire plus clairement les objets d'art n'ont aucune valeur intrinsèque. Leur valeur dĂ©rive de leur capacitĂ© Ă susciter un dĂ©bat. Ce sont des objets prĂ©texte Ă disputes. L'art, dans ce contexte de compĂ©tition, n'est qu'un espace de lutte identitaire oĂą chacun se positionne par rapport Ă l'autre. Notamment par l'indignation.» Certains s'indignent que Versailles accueille une exposition de Murakami. D'autres s'indignent que Murakami soit calomniĂ©. L'oeuvre de Murakami n'est que le miroir oĂą se mirent les uns et les et des couleurs Be yourself, express yourself, etcLe processus d'art moderne a pour principale fonction, pour ne pas dire pour seule fonction, de nous permettre de mettre en action nos jugements de goĂ»t afin de nous diffĂ©rencier.» Que les jugements ou l'oeuvre soient intĂ©ressants ne change rien Ă l'affaire. L'art n'est qu'un terrain de bataille discursif, chacun s'employant Ă dĂ©fendre une oeuvre qui, en miroir, lui renvoie de lui-mĂŞme une image valorisante celle d'un ĂŞtre qui se distingue des autres. VoilĂ pourquoi les oeuvres d'art ont tout intĂ©rĂŞt Ă faire scandale. Mais, mĂŞme aujourd'hui alors que le rĂ´le dynamique du scandale dans l'art avant-gardiste est connu et reconnu», on continue de croire qu'il faut dĂ©fendre des artistes parce qu'ils sont lapidĂ©s» par l'opinion publique ou bannis» par leur gouvernement. Alors qu'en rĂ©alitĂ©, ces oeuvres sont juste des Ă©lĂ©ments constitutifs de notre identitĂ©, identitĂ© que nous construisons en les dĂ©fendant ou en les attaquant… Bien que l'enjeu de ces dĂ©bats ne soient ni les oeuvres, ni les artistes, mais tout simplement notre amour-propre, il serait cependant inadĂ©quat de s'en moquer. Duchamp lui-mĂŞme n'avait probablement pas d'autre but que dĂ©voiler la mĂ©canique de notre système social lorsqu'il a créé» l'urinoir. Le rĂ©sultat de son expĂ©rience, bien sĂ»r, est vexant. Nous, les modernes, nous sommes donc capables par amour-propre de contempler un urinoir au MusĂ©e ?Le processus logique de l’art une machine qui tourne Ă videDès 1913, Ă peine âgĂ© de 26 ans, Marcel Duchamp avait dĂ©jĂ prĂ©vu deux choses concernant notre sociĂ©tĂ©. Premièrement qu'elle canoniserait un urinoir comme les chrĂ©tiens ont divinisĂ© un SDF. Deuxièmement, que cette logique exponentielle basĂ©e sur le dĂ©sir de diffĂ©renciation amènerait fatalement notre sociĂ©tĂ© Ă la crise que nous traversons en matière d'art, mais aussi de pensĂ©e et de croyance. A quoi bon s'illusionner ? Ainsi que l'explique Alain Boton, en termes drĂ´latiques, Marcel Duchamp a vu avant les autres que le processus mĂ©canique de rupture ne pouvait qu'amener une crise prĂ©visible. Dans une dĂ©marche très socratique ou très aĂŻkido, il n'aura fait que canaliser ce processus vers une aberration visible, un chiotte au firmament de l'art d'une Ă©poque.» En 1992, Nathalie Heinich, avait dĂ©jà –dans La Gloire de Van Gogh, Essai d'anthropologie de l'admiration– postulĂ© que l'objet d'art n'Ă©tait qu'un moyen de se dĂ©marquer des autres. En 1998, Pierre Bourdieu l'avait Ă son tour notĂ© dans Les Règles de l'art les oeuvres sont des prĂ©textes qui nous permettent de nous livrer Ă la seule activitĂ© qui nous motive vraiment, la seule activitĂ© qui sous-tend toute l'agitation du monde moderne, Ă savoir la recherche individuelle d'une identitĂ© diffĂ©renciĂ©e. Et maintenant ? Nous sommes, en 2017, toujours accros Ă cette forme d'addiction qu'est le fait de prendre parti pour/contre une oeuvre. La prĂ©sence dans l'oeuvre d'urine ou de sperme donne, semble-t-il, au jeu plus d' contemporain et l’illusion narcissiqueL'expĂ©rience de Duchamp dĂ©montre les capacitĂ©s extraordinairement hallucinogènes de l'amour-propre dans le jugement de goĂ»t, capable de remplir un urinoir de toutes sortes de qualitĂ©s, toutes plus raffinĂ©es les unes que les autres». Il serait peut-ĂŞtre temps d'ouvrir les yeux… Si l'oeuvre de Duchamp a quelque chose Ă nous apprendre, maintenant, c'est d'en finir avec les faux dĂ©bats et prendre un peu de hauteur par rapport Ă ce qui motive nos indignations»… J'insiste sur le fait que c'est uniquement en situant les intentions de Duchamp au niveau spirituel Ă©levĂ© qu'est l'ironie socratique qu'on peut tirer bĂ©nĂ©fice de son expĂ©rimentation, conclue Alain Boton lors d'une confĂ©rence en ligne ici. L'ironisme d'affirmation comme Duchamp appelait sa mĂ©thode n'a pas pour but la dĂ©nonciation du snobisme des autres, mais de permettre Ă l'homme moderne de se comprendre lui-mĂŞme.» Autrement dit regardez-vous dans l'urinoir. Que voyez-vous ? Et si c'Ă©tait le dĂ©sir Ă©perdu d'ĂŞtre comme lui, un objet manufacturĂ© mais unique ?.A LIRE L'Eros mimĂ©tique mis Ă nu par ses cĂ©libataires mĂŞmes, d'Alain Boton, dans Revue du MAUSS, n° 49, Religion. Le retour ? Entre violence, marchĂ© et politique », dirigĂ© par Alain CaillĂ©, Philippe Chanial et François Gauthier, 2017, Paris, La LIRE AUSSI Marcel Duchamp par lui-mĂŞme ou presque, d'Alain Boton, Editions Fage, de la futilitĂ©, d'Alain Boton, Journal des anthropologues, Duchamp, artiste ou anthropologue ?, d'Alain Boton, dans Revue du MAUSS, Règles de l'art, de Pierre Bourdieu Paris, Seuil, coll. Sciences humaines, Gloire de Van Gogh, Essai d'anthropologie de l'admiration, de Nathalie Heinich, Paris, Minuit, 1 Protocole Ă©tant donnĂ©s ceci-cela, si je fais ci et ça, il devra se passer et ça». Si la prĂ©diction se rĂ©vèle exacte cela valide la Philip Colbert with Marcel Duchamp asamuse . Marcel Duchamp, Fountain, 1917, porcelain. Philip Colbert for The Rodnik Band.
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Savez-vous que Marcel Duchamp avait d’abord fait scandale avec une peinture avant d’entrer dans l’histoire de l’art avec son urinoir Fontaine » et ses autres readymades, ces objets déjà faits ? La peinture figure au centre d’une exposition au Centre Pompidou de Paris qui revisite cette époque trop souvent négligée, voire oubliée, d’un révolutionnaire de l’art. Entretien avec Cécile Debray, commissaire de l’exposition Marcel Duchamp, la peinture même » qui réunit pour la première fois une centaine d’œuvres peintes et dessinées de l’artiste. RFI Est-ce que le regard sur les readymades de Marcel Duchamp 1887-1968 est devenu tellement ringard qu’on s’occupe maintenant de ses peintures ?Cécile Debray [Rires] Je ne dirais pas çà comme ça. Je dirais plutôt que c’est une vision de Marcel Duchamp qui est souvent très simplifiée, presque caricaturale. Donc il était important d’évoquer la question de la peinture, non pas pour réhabiliter Marcel Duchamp comme un peintre, mais plutôt pour comprendre la complexité de sa pensée et la manière dont il a élaboré, dans ces années-là , sa grande œuvre Le Grand Verre [son dernier tableau », réalisé entre 1915 et 1923, ndlr].Dès le début, on est troublé il y a des maîtres comme Cranach, Ingres, Böcklin, Courbet, Manet et Matisse, mais aussi des nus de Duchamp, une véritable obsession érotique liée à la question du regard. Est-ce que l’érotisme était à l’origine du désir de peindre chez Duchamp ?Disons que l’équation entre érotisme et peinture est assez tentante surtout chez Marcel Duchamp. Mais je ne l’invente pas. Si on regarde cette question chez Manet qui est sans doute le premier peintre moderne et qui a posé très tôt cette question du regardeur qui intéressait beaucoup Marcel Duchamp, on a vraiment la question de l’obscénité de ce qui peut être montré par la peinture. A mon avis, cela a été un des moteurs pour Duchamp dans son questionnement sur l’ présentez des tableaux de beaucoup de peintres qui ont influencé Marcel Duchamp, mais pour lui, le véritable point de départ était Odilon Redon dont vous montrez L’Homme parce que Duchamp aimait énormément Redon avec qui il avait beaucoup de points communs. Par exemple, Redon est un artiste qui s’est beaucoup intéressé à la biologie et qui a transcrit des imageries scientifiques dans un autre registre. Quand il dit ce n’est pas Cézanne qui m’intéressait, mais Redon », c’est une manière de dire qu’il était déjà original dans ses 1911, tous ses contemporains, tous les jeunes artistes de son âge regardaient vers le cubisme, le mouvement de l’avant-garde de l’époque. Mais lui, à rebours des autres, va regarder vers le symbolisme, un mouvement déjà démodé en 1910. Pourquoi le symbolisme ? C’est là où Duchamp a trouvé la définition de l’art qu’il souhaitait un art intelligent, un art de l’idée. Aujourd’hui, quand on en a fait le père de l’art conceptuel, c’est curieux pour nous de voir qu’il a défini la peinture non-rétinienne » en regardant Arnold Böcklin, mais c’est comme ça !Votre regard sur la peinture, même » occupe la grande majorité des salles de l’exposition au Centre Pompidou, mais qu’est-ce qu’on est rassuré quand on découvre enfin un readymade comme la Roue de bicyclette », le Porte-bouteille » et autres... Pour vous, la peinture de Marcel Duchamp a-t-elle la même importance pour l’histoire de l’art que ses readymades ?C’est difficile de répondre. Ce qui est important dans la peinture de Duchamp, c’est plutôt le cheminement qu’il fait à travers la peinture. Donc il est plus intéressant d’examiner l’ensemble des peintures dans leur progression chronologique et dans leur lien avec les références. Des références qui deviennent de plus en plus extérieures à la peinture puisqu’il va regarder du côté du cinéma, des livres, des objets techniques…Il n’est pas Matisse et il le savait. Mais pourtant, jusqu’à la fin de sa vie, il a toujours souhaité que ses peintures soient réunies dans un même lieu autour du Grand Verre. C’était bien la raison pour laquelle Duchamp souhaitait finalement montrer que Le Grand Verre est issu d’une réflexion approfondie sur la question de la peinture, sur ses limites, peut-être sur son obsolescence à cette époque, mais il a toujours souhaité qu’on conserve cette cohérence autour du Grand avoir fait scandale avec sa peinture Nu descendant un escalier, refusée au Salon des Indépendants, mais acclamée quelques mois plus tard à New York, Duchamp décide en mai 1913 de ne plus être artiste. Est-ce que c’était une décision pour se détacher de la peinture et pour arriver aux readymades ?Il y a deux choses il y a en effet sa volonté de rompre avec le statut social d’artiste qui est quand même assez étonnante de la part de Duchamp, parce qu’il y va exprimer un rejet pour les milieux d’artistes. Ensuite, il y a la question du readymade. J’essaie de montrer dans l’exposition que ce n’est pas forcément un geste de négation de la peinture. Il y a beaucoup plus une dialectique entre la peinture et les readymades puisque, au moment où il crée ses premiers readymades, c’est le moment où il assèche sa peinture, où elle devient de plus en plus impersonnelle. Duchamp va alors investir dans le readymade sa force poétique et sa force subjective en choisissant lui-même un objet et on y apposant une inscription. Il insiste beaucoup sur cette nécessité d’inscrire un mot ou un titre qui va finalement rendre ce geste Duchamp, c’est un lecteur impulsif, c’est un artiste qui aime son père, c’est un homme doté d’humour. Qu’est-ce qu’on découvre sur la personne et le caractère de Marcel Duchamp à travers sa peinture ?Ce qu’on doit sentir, c’est à la fois ses doutes et ses réponses qui sont toujours sur le fil du rasoir. Ce n’est jamais quelqu’un qui va assener une réponse franche et claire. Il va toujours osciller entre le rejet et en même temps le surinvestissement romantique. C’est pour cela que l’ironie ou l’humour sont très importants chez Duchamp, parce que c’est toujours une mise à distance critique qui lui permet toujours d’avoir cette position extrêmement subtile. On a tendance à oublier cette subtilité, mais la postérité Duchamp repose sur cette le readymade de la Joconde retravaillée de 1919 est à l’affiche de l’exposition. Un collage sur le même motif, L’envers de la peinture 1955, se trouve à la fin du parcours. Pour vous, Marcel Duchamp est-ce le Léonard de Vinci du 20e siècle ?Beaucoup l’ont dit. Il y a des analogies assez troublantes. C’est vrai, Léonard de Vinci a laissé beaucoup d’œuvres inachevées, a peu produit, a multiplié ses annotations et ses recherches dans des domaines très différents. Oui, c’est une analogie qu’on pourrait faire. MARCEL DUCHAMP Le Roi et la reine entourés de nus vites, 1912, huile sur toile, 146 x 89 cm Philadelphia Museum of Art, The Louise and Walter Arensberg Collection, 1950 succession Marcel Duchamp / ADAGP, Paris 2014 ___________________________________Marcel Duchamp. La peinture, même. Exposition au Centre Pompidou-Paris, jusqu’au 5 janvier 2015.
Il y a bien une photo qui circule dans L’aveugle », en anglais The blind man », le fanzine satirique de Marcel Duchamp et sa bande, mais j’ai décidé d’aller le voir en vrai. Je parle de l’urinoir, la pissotière, la fontaine » qui fait scandale et qui est exposée à la galerie Alfred Stieglitz au 291 Fifth avenue. Stieglitz c’est celui qui a fait connaître Picasso, Matisse et Cézanne à New York. Il s’est récemment lancé dans la photo, mais c’est chez lui que Duchamp et ses amis ont décidé de faire trôner cette œuvre jugée immorale et vulgaire »… Cet urinoir à l’envers c’est un peu l’exemplaire unique de ce qui pourrait constituer le salon des refusés » de la première exposition de la Société des artistes indépendants de New York. Avec Roxana Azimi, journaliste et critique d’art, auteure du Guide de l’art contemporain chez Hazan. Ce que l’on peut dire un siècle plus tard c’est que le canular de Duchamp continue de faire des victimes qui s’ignorent…
artiste qui a fait scandale avec son urinoir